La couronne verte, Laura Kasischke

Des adolescentes qui font des bêtises pendant le Spring Break … et le regrettent amèrement.


Anne, Michelle et Terri. Trois lycéennes américaines comme tant d’autres, qui, partent pour la première fois en vacances seules, et choisissent Cancun. Le dépaysement est total, et la liberté grisante, entre les cocktails sur la plage et les garçons … jusqu’à ce que les filles soient abordées par un homme plus âgé, qui propose de les conduire sur les grands sites archéologiques. Après bien des hésitations, deux d’entre elles acceptent … mais à quel prix ?

J’avais déjà lu plusieurs romans de Laura Kasischke, et j’avais déjà apprécié sa finesse dans l’analyse psychologique, qui ne se fait jamais au détriment du rythme du récit. C’est à nouveau confirmé dans La Couronne verte.

L’auteur parvient à travailler d’une manière extrêmement juste, sans fausse note, sur l’adolescence : le vertige des premières vacances, l’angoisse larvée des filles seules, l’ambiguïté de l’amitié qui n’exclut pas des sentiments d’envie, voire de haine, l’inconscience, la légèreté, l’envie de séduire et de plaire, le risque … elle poursuit ici une exploration nuancée de cette période de la vie, qui est l’un de ses sujets fétiches (La vie devant ses yeux, Rêves de garçons). D’ordinaire, tout va bien … et puis soudain un choix malencontreux vous fait basculer dans le cauchemar.

La narration alterne les points de vue de deux des protagonistes (l’un à la première et l’autre à la troisième personne), ce qui contribue à rythmer, à scander presque, le récit qui se déroule de manière saccadée et soutenue. Il y a également tout un travail sur les représentations touristiques – la côte tropicale n’a rien du rêve des dépliants sur papier glacé, et la jungle grouillante est terrifiante – et sur les couleurs, dans ce roman chatoyant, et très sensuel (tout est odeur, couleur ou toucher … ou même ouïe avec une scène mémorable où toute l’angoisse, dans le noir absolu, tient à ce que l’on entend … ou ce que l’on croit entendre).

Le climat, d’idyllique au départ, devient au fil du livre de plus en plus oppressant, comme le temps et son humidité poisseuse. Troublant. Le bon roman pour l’été, bien mené, avec un suspense prenant – j’ai fini le bouquin à une heure avancée, et je ne faisais pas la fière, à sursauter au moindre bruit ! Bien fichu, donc.

C’est pour qui ? Madeline, Elodie.

Paru en 2008 – Le Livre de Poche, 216 pages – 6 euros.

Commentaires

  1. Je viens de le finir et j'ai vraiment beaucoup aimé. Je l'ai lu seule dans le TGV ce wd et moi aussi je ne faisais pas ma fière ;-) Un bon bouquin, merci du conseil Clara. Peux-tu me conseiller d'autres titres de cet auteur?

    RépondreSupprimer
  2. Dans le même genre : Rêves de garçons (il y a un billet sur le blog ; si tu cliques en bas de l'article sur le nom de l'auteur, il t'affiche tous les billets ayant trait à cet auteur). Dans un autre genre : "A moi pour toujours", mais j'ai moins aimé.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Réagissez !